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La grotte

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Grotte de Bruniquel © SSAC Caussade

Michel SOULIER, délégué de la Société Spéléo-Archéologique de Caussade (SSAC), en charge de la Grotte de Bruniquel nous en fait la présentation.

Bruniquel, Tarn-et-Garonne. Janvier 2021.

Historique – Rappels


La découverte de la cavité, en février 1990, conduit une petite équipe de la Société Spéléo-Archéologique de Caussade (SSAC) à identifier sur le sol d’une grande salle, à 330 m de l’entrée, des rangements de concrétions cassées qui semblent de facture humaine et qu’ils qualifient alors de « barrage ». Encore faut-il prouver que des ours, dont les griffades et les bauges sont bien visibles dans la cavité, ne sont pas à l’origine de ces « rangements » ou qu’il ne s’agit pas d’une organisation naturelle.


Dans ce but, une campagne de recherches est programmée par le Service Régional de l’Archéologie (SRA), en étroite collaboration avec la SSAC.

1992 et 1993

Sous leur nouvelle appellation, les « structures » et la salle qui les environne sont cartographiées. Les quelques « foyers » évidents qui sont repérés sur les rangements de concrétions constituent un fort indice qui peut justifier une présence anthropique. Dans le « foyer Nord », un os d’ours calciné (ulna) est prélevé pour une datation par la méthode du carbone 14 (14C).

Les résultats des recherches font apparaître un rangement volontairement organisé et la date obtenue en 1995 sur l’os analysé, soit « au moins 47 600 ans », permet à la Grotte de Bruniquel de prendre officiellement le statut de cavité archéologique qu’elle ne possédait pas jusqu’alors. Ainsi la Grotte de Bruniquel, possède (déjà) la plus ancienne trace au monde confirmant la présence de l’homme préhistorique en milieu souterrain profond (loin du jour, avec une progression nécessitant un éclairage)… et les auteurs pourraient bien être des néandertaliens !


La disparition prématurée de l’archéologue et spéléologue François Rouzaud (S.R.A.), en 1999, laissa l’équipe de la SSAC sans « pilote à bord » pendant plus de 15 ans.

2014 Reprise des recherches

Une nouvelle équipe de scientifiques et de spéléologues de la SSAC reprend les recherches.


De judicieux carottages réalisés dans les concrétions constituant les structures vont permettre d’obtenir la date de leur édification par la méthode Uranium/Thorium (U/Th).

Le résultat obtenu est stupéfiant : -176 500 ans ± 2 000 ans.

Ces « structures » sont l’oeuvre de néandertaliens, mais bien plus anciens qu’envisagé jusqu’alors !


En 2016, le monde scientifique et les médias sont informés de ce bond incroyable dans le temps pour l’appropriation du milieu souterrain par l’homme préhistorique.


Le film « Néandertal. Le mystère de la grotte de Bruniquel », diffusé en 2016 sur Arte, associe en images fortes les résultats de la datation aux travaux menés par l’équipe de recherche, diffusés par ailleurs dans de nombreuses publications et interviews.

Avancées et futures recherches

Depuis 2014, les recherches se poursuivent dans la cavité à raison de deux campagnes annuelles (sauf pour l’année 2020, conséquences de l’épidémie liée au coronavirus).


Une topographie minutieuse de la cavité est dressée permettant de géolocaliser avec précision tous les vestiges rencontrés.


Hors opérations archéologiques et à l’initiative du SRA d’Occitanie, en deux périodes réparties sur un mois, les relevés 3D de la cavité entre l’Entrée et la Salle de la Structure sont réalisés, encadrés et aidés par les spéléologues de la SSAC et un représentant du SRA. Ce travail d’importance a un triple but : conservation de la mémoire du site, base de travail en laboratoire pour les scientifiques et possibilité d’utilisation pour la médiatisation de la cavité dans le cadre d’une future interprétation du site sur Bruniquel. Cette démarche, largement soutenue par le Conseil Départemental de Tarn-et-Garonne et les services de l’Etat, permettra à Bruniquel de parfaire son titre de Grand Site de la région Occitanie.

Dans la Salle de la Structure, l’inventaire de tous les « spéléofacts » (concrétions volontairement cassées par l’homme dans le but d’être utilisées pour l’édification des « structures ») et de toutes les traces (animales et/ou anthropiques) est réalisé et enregistré dans une base de données. Ces informations devraient permettre des « recollages » virtuels entre des éléments constituant les structures et des bases ou morceaux de stalagmites sectionnées identifiées dans la salle.


Un mini-sondage (0, 30 x 0,30 m), à l’intérieur de la structure principale, est programmé avec l’espoir de découverte d’un sol archéologique sous la couche de calcite omniprésente.


En revenant vers l’entrée, dans le secteur de la Patte d’Ours, l’étude déjà entreprise des très nombreuses traces qui oblitèrent une importante zone argileuse doit être poursuivie Aux multiples traces d’ours sont associées celles d’ongulés de type sanglier et, plus intrigantes, plusieurs empreintes de grand cervidé. Des questions évidentes se posent alors : que faisait cet animal si loin sous terre et par quelle entrée, suffisamment grande et aujourd’hui effondrée, est-il passé ?


La Salle des Bauges, située à la base du Grand Éboulis (près de l’entrée actuelle) vient de livrer des indices importants quant à la présence de l’homme préhistorique près d’une potentielle entrée naturelle. Deux sondages de 0,50 m x 0,50 m ont été entrepris dans cette salle, au contact du Grand Éboulis. Les résultats ne se sont pas fait attendre : à une vingtaine de centimètres sous la surface sont apparus deux nucléus sur galets de quartz de type Paléolithique moyen, des traces de décarnisation sur des os de renne et de nombreux petits morceaux de charbons annonciateurs de points de chauffe à proximité.

En parallèle, une observation sur le versant extérieur du site a mis en évidence, sous le couvert végétal, des blocs correspondant au toit d’un possible porche aujourd’hui effondré et colmaté.


L’étude de cette zone ne fait que commencer.

Les autres recherches en cours

Au-delà des travaux, directement liées à la présence préhistorique sous terre, les observations portent aussi sur le contexte géologique et karstologique ayant favorisé le développement de la cavité. Des études sont en cours et devraient permettre de mieux comprendre le creusement du conduit où n’apparaissent pas de témoins de circulation importante d’eau. Des soutirages repérés en plusieurs points dans la galerie laissent entrevoir la présence d’un réseau actif sous-jacent.


Les extérieurs de la cavité dans son environnement proche font aussi partie intégrante des recherches ainsi que la restitution des paysages à l’époque de l’édification des structures.

Conclusion

Cette présentation ne relate qu’un modeste aperçu des recherches dans la Grotte de Bruniquel qui sont loin d’être achevées. Ce site présente un potentiel important dont les chercheurs commencent à entrevoir les informations visuelles qui se révèlent à leur portée.


Notons que ces travaux ont conduit au classement de la cavité au titre des Monuments Historiques en juin 2019.


Les propriétaires sont chaleureusement remerciés pour la confiance qu’ils accordent à la poursuite des recherches.

dessin des structures

Pour approfondir le sujet, veuillez trouver des liens en correspondance avec la grotte de Bruniquel:

Bruniquel intégre le réseau des Paléonautes.

Ce réseau est composé de 10 sites touristiques du Quercy et vous propose un voyage dans l’Histoire de l’évolution du monde des dinosaures à nos jours.

Les sites et les savoirs sont mis en commun pour vous faire vivre une aventure unique : découvrir la recherche scientifique en paléontologie et préhistoire. 

Vous trouverez toutes les informations souhaitées sur le site du réseau: paleonautes.fr

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